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La fin des voyages

Au début de cette crise, c’était la stupéfaction.

L’urgence de se protéger contre ce virus invisible.

Nous avions tous espoir que l’épisode ne dure pas. Que nous puissions reprendre nos vies, comme avant.

Mais ça a duré. Et plus aucun expert ne se risque à dire que le virus va disparaitre dans un futur proche.

Nous sommes entrés dans l’ère des grandes épidémies.

Nos modes de vie vont en être définitivement bousculés.

Et la première liberté que nous avons perdue…

C’est la liberté de circulation.

Mais si on y réfléchit…

Le monde d’avant était une anomalie

Il y a tout juste quelques mois, nous vivions dans un monde aux possibilités extraordinaires.

Nous, occidentaux, avions un passeport qui nous permettait de rentrer et de circuler librement dans presque tous les pays du monde.

Mieux que ça : nous pouvions nous rendre de l’autre côté du globe terrestre en seulement quelques heures, y rester une semaine, et rentrer à la maison.

Le tout pour le prix d’un bon manteau.

Nous vivions dans une anomalie temporelle, et nous trouvions tous ça normal.

Votre collègue de bureau vous racontait ses vacances en Thaïlande, et vous l’écoutiez d’une oreille distraite.

Un siècle auparavant… vous l’auriez pris pour un fou.

Il y a à peine un an… c’était devenu tout à fait normal.

Mais à nouveau… tout a changé.

Entre les frontières qui se ferment, les quarantaines, les politiques locales et l’incertitude… le voyage lointain n’est plus une option.

Nous sommes peut-être en train de perdre une des plus formidables chances de notre siècle… et il est possible que nous ne la retrouvions jamais.

Cette épidémie n’est pas la seule fautive.

La réduction des stocks de pétrole et le réchauffement climatique signeront probablement, d’ici quelques années, la fin ou la limitation drastique des voyages aériens.

Nous sommes simplement en train d’en vivre un avant-goût de ce qu’il risque de se passer très bientôt.

Alors…

Vous vous demandez peut-être ce que j’en pense.

Moi qui suis si attaché à ma liberté, moi qui aime tant voyager et découvrir des contrées lointaines…

Comment est-ce que je vis cette situation ?

La réponse risque de vous surprendre :

Je le vis plutôt bien.

Eh oui.

Comme je vous l’ai expliqué, la culture du fast-travel est une anomalie.

Parfois, il faut accepter de perdre les avantages injustes dont nous profitions.

Et je crois que les vacances à l’autre bout du monde en faisaient partie.

Et vous savez…

Ce n’est pas un billet d’avion qui rend les gens libres.

Ce qui rend les gens libres, c’est la capacité à trouver leur bonheur dans le monde tel qu’il est.

Peu importe les cartes que vous avez en main, vous devez composer avec.

Nous venons de perdre la carte voyage lointain. Que nous reste-t-il pour être heureux ?

Peut-être les cartes famille, couple ou amis

Peut-être les cartes mission, compétences ou argent

Il y a aussi les cartes sagesse, santé et simplicité

Et il vous reste même une petite carte que vous avez peut-être oubliée : la carte voyages domestiques.

Les voyages domestiques ne sont pas morts

Si les voyages lointains et transfrontaliers sont compromis, ce n’est pas le cas des voyages à l’intérieur de votre pays.

Si vous vivez en France, vous êtes chanceux.

Vous pouvez prendre le vent du large sur la côte Atlantique, randonner dans les Alpes, prendre le soleil sur la Côte d’Azur, vous isoler dans le Larzac, visiter des villages pleins de charme et des villes grandioses, goûter les meilleurs vins du monde et goûter les spécialités de toutes les régions.

Petit bonus de la maison : vous n’irez pas en prison pour quelque chose que vous avez dit sur les réseaux sociaux.

Si vous n’arrivez pas à vous sentir libre malgré tout ça, le problème ne vient peut-être pas du COVID-19… mais de vous.

Utilisez l’énergie de votre colère pour construire quelque chose qui va vous occuper.

Quelque chose de plus important que d’aller se dorer la pilule sur une plage d’Asie du Sud-Est.

Quelque chose qui a plus de valeur pour vous que de vous déplacer le plus loin possible juste parce que vous en avez la possibilité.

Concentrez-vous sur les autres cartes, et jouez-les du mieux que vous pouvez.

De mon côté…

J’ai travaillé tout l’été, et je vais profiter du mois de septembre pour voyager en France. Découvrir des villes et des régions que je n’avais jamais pris le temps de regarder parce qu’elles n’étaient pas assez lointaines pour moi.

Observer la beauté qui se trouve à quelques heures de TGV de chez moi, et que j’avais toujours snobée.

Voilà comment on voyage en 2020.

Et ça me va.

À demain,

Antoine

Par Antoine BM

Depuis 2015, je gagne ma vie en aidant les gens à prendre leur liberté.

Je suis l’auteur d’une chaîne YouTube à 135 000 abonnés sur le business et la vente, et j’ai vendu pour plus d’1,3 millions d’euros de formations en ligne.

Aujourd’hui, je partage mes idées dans ma newsletter quotidienne.

Je suis un introverti, passionné par les idées contrariennes, la psychologie humaine et la vente.

Je voyage la moitié de l’année, et je vis le reste du temps à Paris.